mardi 21 octobre 2008

grand stress,suite

Cette histoire avec la petite journaleuse m'a déconcentré dans mes répétitions,étant déconcentré j'ai attrapé un rhume car faibles étaient devenues mes défenses. Hier à la répète, j'ai pas arrèté d'éternuer, le metteur en scène n'a rien dit mais j'ai bien senti qu'il était agacé. De plus il n'a pas apprécié mon " comportement avec la petite du Diario" qui se trouve être sa nièce,rendez vous compte ! Et il me tire la gueule,je l'ai bien senti avant même d'éternuer.
On me connait, j'ai voulu en avoir le coeur net et lui ai dit que s'il ne voulait plus de moi dans son opéra,qu'il me le dise sans détour .

- Mais non, mais non, mais enfin...Il faudrait pas que ce rhume s'éternise,n'est ce pas?
- Je lui dirai de faire vite, ai-je répondu avant d'être repris par une crise.

Allez savoir pourquoi,ma réponse lui a paru insolente à cet imbu de lui-même et tout d'un coup nous en sommes venus à des mots forts, tant et si bien que prenant mes frusques niponnes et ma perruque, je m'en fu en claquant la porte et en éternuant de manière tonitruante.
Je fus rattrapé quelques mètres plus loin par Susanita ( la soprano et rôle principal) et le metteur en scène.

Ce dernier avait encore l'air furieux et semblait traîner les pieds mais elle, elle me sauta au cou en me traitant de heavygnatito,corazón, me chantant mi amor ne me quitte pas ( je n'invente rien). Bref, il s'ensuivit que ma présence était indispensable vu que la première a lieu dans moins de 10 jours et que pour trouver quelqu'un ayant comme moi un authentique accent japonais, une gueule, et autres qualités que par modestie je passe sous silence,bref donc, je décidai de rester.

Mais ça m'embête, même si mon égo jubile.

Car malgré ce qu'on en pense, je suis un grand émotif et traqueux. Perfectionniste qui plus est. Je ne suis pas sûr d'avoir l'accent parfait pour mes deux tirades chantées . Je n'en dors plus et hurle avec mélodie à longueur de jour et de nuit, EN JAPONAIS, ceci :

-Adieu !...(sayonara) je meurs de devoir te quitter ....rhâaaaa...."

( Après cette tirade, je me fais sepuku mais me rate. )

D'où cette deuxième tirade:

- De moi la mort ne veut, je boirai le calice jusqu'à la lie "

C'est la honte suprême: rater son sepuku devant sa bien aimée, il n'y a pas pire. Ah certe, court est mon rôle mais quelle tension, quelle intensité...J'ai peur de ne pas être à la hauteur. Si je ne le suis pas, je serais capable de me faire un vrai sepuku mais comme mon personnage, je devrai boire ma honte jusqu'au bout car Rintintin.....Rintintin pauvre vieux chat, je ne peux l'abandonner !